ABATTES
Aux Abattes. Lieu-dit, au Nord du Sacré-Cœur (Etym. ? inconnue, peut-être nom de personne).
BABETS
Nom régional des pommes de pins. Ramassés bien secs pour allumer le feu. Parfois utilisés en décoration, peints ou vernis.
BACHATS
Un bachat (ou bachâ) est une auge en bois, en pierre ou en béton, où l’eau coule en permanence, servant de fontaine publique, de lavoir collectif, d’abreuvoir pour les bêtes. Il en subsiste trois dans le village (dont le « Grand Bachat ») et un à Chaubouret.
Sous le Second Empire, la ville de Saint-Etienne capta un maximum de sources du Grand Bois pour alimenter ses barrages. Plusieurs bachats, dits « de servitude » furent construits en compensation à l’intention des nombreux troupeaux fréquentant alors la forêt. Le Conseil municipal du Bessat du 24 juillet 1859 en demande « à l’effet d’étancher la soif des pauvres travailleurs et bûcherons ». On peut encore voir les bachats de Lescure et de Bourdouze sur les pistes du haut, celui du pré du Bois, caché sous la route Roy, ceux de la Cambuse (Maison du Garde), de Biacon et du pré Dorel, plus bas. Celui de Praveyra, entre Biacon et Praveilles, a été comblé. (Etym. ? inconnue pour les noms des bachats, sauf Dorel, nom de personne). Lire : un article de Henri Colomb dans La Tribune – Le Progrès du 8 sept. 1992 ; sur les bachats en général : Bachâ, bachassi…, par Claude Beaudinat, Montbrison, Village de Forez, 1996.
BAN
Ruisseau, prenant sa source sous le parking de Chaubouret. Descendant sur le versant du Toile, il va se jeter dans le Gier sous la Valla, alimentant au passage le barrage de la Rive (Etym. ? inconnue)
BARGETON (Roger)
I Instituteur au Bessat de 1941 à 1968 (décédé en 1999). Créateur du ski scolaire au village. Un des fondateurs du Bessat-Sports-d’Hiver en 1947. Au début des années cinquante, balisa les sentiers avec ses élèves. Rédacteur d’un guide du Pilat avec Claude Berthier, puis de nombreux articles sur le Bessat et Graix dans les journaux locaux. ci-contre : Ecole du Bessat, avec R. Bargeton, 1963)
BATAILLE DU BESSAT
Lors des guerres de religion, fin octobre 1562, les protestants d’Annonay, conduits par le capitaine Sarras, firent une expédition à Saint-Etienne afin de se procurer des armes. Au retour, ils furent attaqués et battus par une troupe catholique. Les contemporains ne précisent pas où cette rencontre eut lieu. Deux siècles plus tard, les chroniqueurs stéphanois (Beneyton, Thiollière et Chauve) situèrent cette bataille « dans un défilé près du Bessat ». On ne sait rien d’autre sur cet événement. Tous les récits ultérieurs sont fantaisistes. Les lieux-dits Palais, Batterie, Citadelles, existant avant, n’ont aucun rapport avec ce combat. Plus tard, la tradition a situé à la Croix des Fosses le tombeau des victimes. En 1848, une arquebuse du 16e siècle a été trouvée au Plâtre par des bergers. Lire : Histoire d’un village… par Jean Combe, 1969, p. 29-33 ; « La Bataille du Bessat, 1562 », par M. Achard, dans Dan l’tan, n° 19, 1998, p. 44-46.
BERTHIER (Claude)
Dit « l’apôtre du Pilat », né en 1872, mort au Bessat en juillet 1956. Professeur de mathématiques au Lycée de Saint-Etienne, fut un militant du Touring-Club de France, du ski scolaire, du tourisme populaire. Remua ciel et terre pour faire ouvrir la « route des crêtes » entre la Jasserie et l’Oeillon. Auteur d’un guide du Pilat avec Roger Bargeton
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BESSATIN
Fromage de chèvre fabriqué autrefois au Bessat, et célèbre dans la région stéphanoise où on le vendait sur les marchés. Cité à l’article « Pilat » dans l’Encyclopédie de Diderot !
BOUSATS
Nom local de la bouse de vache, autrefois abondante dans les rues du village. A laissé un profond souvenir chez les anciens villégiateurs Voir la chanson
BOUTASSES
Pièces d’eau, petits étangs. Il y en avait de partout, soit naturelles dans un repli de terrain, soit bâties pour abreuver les bêtes ou retenir l’eau en amont des scieries. Les anciens se souviennent de la boutasse entourée d’arbres, face au Grand Bachat, et de celle des Palais, maintenant comblée
BRUCLET
Lieu-dit entre la croix des Fosses et le Tremplin. Une piste de ski y fut tracée l’été 1969, avec un projet avorté de téléski (Etym. ? peut-être lieu planté de bruyères ou de broussailles).
CARTES
Un article publié dans le Bulletin municipal Le Bessat aujourd’hui de janvier 2016 donne les cartes anciennes où figure le village (dont une de 1596). Le plan de 1760, reproduit en partie p. 6, est conservé à la Bibliothèque de la ville de Saint-Etienne . La Mairie du Bessat possède un plan de 1812, en mauvais état et donnant peu de renseignements. On trouve en ligne les plans cadastraux de 1812 et 1831.
Partie de la carte de 1596
CHALETS ET REFUGES
Plusieurs sociétés sportives ont construit des abris au Bessat, surtout pour permettre la pratique du ski à leurs adhérents. Le premier refuge fut bâti pendant la guerre par Henri Girodet (voir à ce nom). En 1946, la Manufacture nationale d’armes de Saint-Etienne (ne pas confondre avec Manufrance) ouvrit le « chalet de la Manu » à Chaubouret (photo ci-dessus). Démoli en 1968, il a été reconstruit en dur au même endroit. De 1954 à 1963, les « Amis de la Nature » (maintenant « Amitié et Nature ») utilisèrent un refuge en bois en haut du pré du Curé (aujourd’hui disparu). Enfin, une « Auberge de la Jeunesse » accueillit les randonneurs au dessus du Chalet des Alpes de Chaubouret à partir de 1960 (démolie en 1982)
CHAMPAGNAT (Marcellin)
Né au Rosey, commune de Marlhes, en 1789. Ordonné prêtre en 1816, fut nommé vicaire à la Valla. Fondateur des Frères maristes. Une plaque apposée aux Palais du Bessat y rappelle les circonstances de son passage en ce lieu. Voir aussi le panneau à l’entrée du Bessat en venant du Sacré-Cœur. Lire : de nombreux livres, le plus récent étant Né en 89, par Gabriel Michel, 3 vol., 1988-1992.
CHEMIN DE FER
Le plus connu va du Rot, sur la route de Saint-Chamond, à la croix des Verriers, sur le chemin du Planil à la Jasserie. Son ouverture a été décidée lors du partage des bois du Pilat en 1829. Elargi en route forestière en 2010. Il en existe un autre dans le Grand Bois (du Creux du Loup à l’orée du bois par le Bruclet). Inutile d’y attendre le train. Dans de nombreuses régions de France, on nommait « chemin de fer » ou « chemin ferré » un chemin renforcé, élargi et empierré par endroits pour permettre le passage des chars. Certains, très bien pavés, sont présumés « voies romaines » alors qu’ils ne datent souvent que d’un siècle ou deux. Sur les projets de chemins de fer (trains) au travers du Pilat, voir articles de Gérard Mathern et Daniel Tardy dans Le Bessat aujourd’hui, juillet 2016 et juillet 2019.
CHIRATS
Pentes couvertes de rochers de tailles diverses, souvent envahies de mousse ou d’arbres, parfois totalement colonisées par la forêt. On suppose qu’il s’agit de blocs éclatés par le gel, et charriés en masse lors des périodes de dégel aux époques glaciaires. Lire : Etudes foréziennes, tome 10, Le Pilat et ses abords
COMMERCES ET METIERS
Comptant plus de 600 habitants au début du 19e siècle, le village faisait vivre de nombreux commerçants et artisans. Vous trouverez page suivante quelques extraits de divers Annuaires de la Loire. Notez que ces listes peuvent être incomplètes. Il y eut ainsi des coiffeurs occasionnels comme Hugues Sue (aussi réparateur universel !), un maçon (Berthollat), de nombreux ouvriers agricoles et/ou bergers, permanents comme le célèbre Baptiste « Vantageol », ou saisonniers.

L’agriculture a toujours été limitée par l’altitude et le climat. Mais chaque maison avait sa ou ses vaches (300 bêtes au début du 20e siècle, encore 150 dans les années quarante), sa grange à foin, ses poules, ses cochons, ses chèvres (voir Bessatin), son jardin et son champ de choux et de patates. La forêt occupait de nombreuses personnes, bûcherons, « bigands » (débardeurs), charretiers, transporteurs, charbonniers, et fournissait les scieries. Un petit artisanat du bois, surtout hivernal, a toujours existé. On cite une production de brouettes, cuillers, mortiers à sel, sabots, caisses, etc. Les hivers rigoureux, des chars descendaient de la glace naturelle aux laiteries et brasseries de Saint-Etienne (vingt voitures par jour indiqué vers 1900). Il ne semble pas avoir existé au Bessat de « glacières », caves où la glace attendait l’été pour être commercialisée (c’était le cas au plateau de la République). On a produit du charbon de bois dans la forêt jusqu’à la dernière guerre. On trouve encore aux Rochettes des cuves rouillées datant de cette époque. Jusqu’aux années soixante, une balance publique pesait les chars entre l’église et le Nouvel hôtel (auj. « Copains comme cochons »).
CREUSE
Rue descendant de la place de l’église vers le « creux » de la croix Blanche.
CROIX
Croix Blanche : sur la route des Palais, érigée à l’occasion d’une mission en 1882.
Croix de Chaubouret : croix actuelle érigée en 1875. Il y avait déjà une « croix appellée de Choborel » sur le plan de 1760. Chaubouret (de « chaux », espace dénudé) était autrefois le « Pas du Bessat », passage obligé et redouté en hiver pour ses tempêtes. En 1949-1950, Jean Blanchet y construisit le « Chalet des Alpes », restaurant et refuge, agrandi depuis 1962 en centre aéré de l’Association des familles. Le parking a été ouvert l’été 1963.
Croix des Fosses : la croix actuelle date de 1925. Elle marque l’emplacement où auraient été enterrées les victimes de la bataille de 1562 (voir : Bataille du Bessat)
Autres croix : une au pied de la Madone, une en face de l’église, et une rue du Féria. Il en existait une petite à coté du Grand bachat jusqu’aux années soixante. Celle de Civet (ou de Givet ?) est sur Tarentaise.
CUEILLOU Parfois Coeuillou.
Lieu-dit en descendant au Toile (Etym. ? inconnue, l’endroit où on fait les cueillettes serait trop beau !).
CURES
Si la paroisse, fondée en 1827, n’a plus de prêtre résident, citons les noms de : Pierre-Emile Brosse, curé de 1906 à 1921, qui fit construire l’église actuelle, Régis Montchovet, curé de 1921 à 1932, animateur du ski local, Francisque Dumas, curé de 1932 à 1969. La liste complète est donnée par Jean Combe, Histoire d’un village…, p. 189, et par Roger Bargeton, Joseph Matricon
EAUX
Chemin des eaux : aqueduc souterrain construit vers 1860 pour amener l’eau des sources du Grand Bois vers les barrages de la ville de Saint-Etienne. On en aperçoit les regards (dalles carrées) le long du « chemin des eaux » allant du Tremplin à la Porte de fer.
Ligne de partage des eaux : le Bessat est situé exactement sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Loire et du Rhône : au Nord, le Ban rejoint le Gier, affluent du Rhône ; au Sud, le Furan descend vers la Loire.
A noter l’abondance de l’eau juste sous le village (chaque maison de la rue du Féria avait son puits), ce qui explique peut-être l’implantation du bourg en ce lieu.
ECOLES
L’école libre, ou « congréganiste », se situait en bas de la rue du Féria, vers le Sacré-Cœur ; l’école laïque à l’emplacement actuel du « Bessat gourmand » (ancienne Poste). L’école actuelle a été ouverte pour la rentrée de 1964. Lire : Joseph Matricon, par Roger Bargeton (l’auteur y retrace l’histoire de l’école)
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EGLISES
Au moins depuis le 16e siècle, une chapelle existait au Bessat, à peu près vers l’église actuelle selon le plan de 1760. Sans doute un bâtiment de petite taille, au toit facilement atteint par les congères de neige, ce qui explique la légende du fer à mulet retrouvé accroché à la croix sommitale après un hiver rigoureux (à noter qu’on raconte la même histoire dans nombre de villages de montagne). Unepremière église (dessin de Louis Paret ci-dessous) est inaugurée en 1829.
Démolie en 1913 pour cause de vétusté elle fut remplacée par l’église actuelle, ouverte en août 1920. Saint-Claude est le patron de la paroisse

A gauche, représentation de l’ancienne église par Th. ,Ogier, La France par cantons…, 1856
A droite, gravure de Louis Paret, dans P. Vanel, Notre mont Pilat, 1932
ELECTRICITE
L’électrification du bourg est réalisée fin 1936. Mais certains, comme l’hôtel Ravel, produisaient déjà leur courant avec des groupes électrogènes.
FERIA
La rue du Féria rappelle sans doute l’emplacement des foires (le foirail), déjà signalées dans des actes du 16e siècle. En 1850, il en existait encore quatre, celles des 8 mai et 18 septembre, disparues à une date inconnue, et celles des 6 juin et 6 août, qui se sont maintenues jusqu’à la fin du 20e siècle. A noter que le 6 juin marquait autrefois la Saint-Claude.
La rue du Féria était la rue principale du village avant l’ouverture totale de la Grande Rue vers 1854.
FERME NOIR
La grande ferme à gauche en arrivant de Saint-Etienne. A conservé le nom de la famille Noir qui l’a longtemps exploitée. Ce fut le dernier domaine agricole du Bessat encore en activité jusqu’en 2005
FOINS
Faire les foins : acte de survie pour les paysans d’autrefois, en un pays où l’hiver, et donc la stabulation, dure la moitié de l’année. Travail pénible, car il fallait faucher, râteler, monter le foin à la fourche sur le char, le tasser, et l’engranger à l’arrivée.
Pour les gosses des villégiateurs,c’était le plaisir d’aider ( ?) les agriculteurs, avec pour salaire un verre de vin clairet.
Pour tous, cela reste l’odeur des soirs d’été, melée à celle des bousats, quand les derniers chars rejoignaient les fermes avant l’orage, dans un nuage de mouches et de sauterelles
FORETS
Autrefois bien moins denses et étendues qu’aujourd’hui, car surexploitées pour le bois (chauffage, construction, mines de la vallée), le charbon de bois, coupées de prés pour le bétail (pré Dorel, pré Biacon, pré du Bois, « pra-veilles », « pra-veyra »), peuplées de vaches, de bergers, de bûcherons, de charbonniers.
On distinguait le bois de Pilat (de Chaubouret à la Jasserie), et le Grand-Bois (de Chaubouret aux Trois-Croix).
Actuellement, plus de 80% de la commune du Bessat est boisée (25% au début du 20e siècle). Plus de 600 hectares dans le Grand-Bois sont propriété de la ville de Saint-Etienne.
FUGA
Feu de joie allumé par les jeunes à l’occasion du Mardi-Gras.
FURAN
Rivière prenant sa source dans le Grand-Bois (vallon entre le Tremplin et la croix des Fosses). Elle alimente les barrages du Pas du Riot et du Gouffre d’Enfer, traverse Saint-Etienne en souterrain, et va se jeter dans la Loire vers Andrézieux. Elle joua un rôle économique important, actionnant scieries, martinets et autres moulins tout le long de son parcours.
Lire : Une rivière, une ville : Saint-Etienne de Furan, Archives municipales de St-Etienne, 1997.
GIRODET (Henri)
1903-1993. Rubannier stéphanois familier du Bessat, y construisit au bas de la Madone, dans les années quarante, un stade pour les jeunes avec portiques et autres équipements sportifs, puis un refuge de 45 places, « La Hutte-Bon-Accueil », incendié en 1952.
Lire : « Le Stade Girodet » par M. Achard dans Le Bessat aujourd’hui, juillet 2020.
GRANDS BOIS
On dit « Le Grand-Bois » ou « Les Grands-Bois ». Désigne la forêt recouvrant la crête allant de Chaubouret aux Troix-Croix et le bassin versant du Furan. Surtout boisé en résineux, mais on y trouve aussi de belles parcelles en fayards (hêtres). Le chevreuil, réintroduit à la fin des années cinquante, s’y rencontre souvent. Le Grand-Bois est bien équipé (et balisé) en pistes de ski de fond, de raquettes, sentiers de grande randonnée (GR7 et GR42) et de petite randonnée, itinéraires de vélos-tous-terrains, etc.
HIVER
Les mauvaises langues prétendent qu’il ne dure jamais plus de onze mois, tout le reste étant l’été. En réalité, il est des plus irréguliers, pouvant s’étaler de novembre à mars, comme en 1990-1991, ou ne pas se manifester du tout, comme en 1924-1925, ou faire alterner des périodes enneigées et des épisodes de redoux (modèle le plus fréquent).
Lire : Le chapitre « Mais où sont les neiges d’antan ? », dans L’Histoire du ski au Pilat
HOTELS, AUBERGES, CAFES
Lieu de passage ancien et fréquenté, le Bessat compta toujours de nombreux cafés (on a parlé de quinze ?) dont l’étage servait d’auberge pour les voyageurs perdus dans la tempête. Au 19e siècle, le tourisme naissant fait créer de véritables hôtels, dont beaucoup sont hélas fermés. Citons l’hôtel Matrat, puis Geourjon, puis «chez le Normand » ; l’hôtel du Centre (vers 1925, affichait « du crêt de la Perdrix, succursale de la Jasserie ») ; l’hôtel Mathoulin, puis Ravel, puis « La Fondue, chez le père Charles » ; l’hôtel de France ; le Nouvel hôtel (Bernon), maintenant « Copains comme cochons » ; l’hôtel Pichon ; l’hôtel Gourdon, puis Drevet.
(Ill. dans Un Village de France, par L. Couvreur, 1929)
JASSERIE
Bien que située sur la Valla-en-Gier, la Jasserie a toujours été considérée comme bessataire. On a prétendu, sans la moindre preuve, qu’elle avait été construite au 15e siècle par les chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. En réalité, on la découvre à partir du 17e siècle comme la « Grange de Pilat », propriété des marquis de Saint-Chamond. Elle passe au baron de Rochetaillée en 1870, qui la vend à la famille Masson, propriétaire actuelle, en 1927.
Lire : La Jasserie de Pilat, par Eric Perrin, 2002 ; « De la Grange de Pilat à la Jasserie », par M. Achard, dans Bulletin du vieux St-Etienne, n° 185, 1997 ; La Jasserie et le mont-Pilat : souvenirs d’un montagnard, par Eugène Masson, 1955 (rééd. 1984)
KERMESSE
On trouve trace d’une « vogue » en 1905. La grande époque des kermesses, organisées par le curé avec l’aide de la population et des villégiateurs, se situe dans l’entre-deux-guerres, avec défilés de chars fleuris et de la fanfare locale « la Jeanne-d’Arc ». On en trouve de bonnes descriptions dans le quotidien stéphanois « Le Mémorial ». Tributaire du bon vouloir des bénévoles, la kermesse connût des périodes d’interruption. Elle a lieu maintenant le premier week-end d’août.
LOUPS (ET CREUX DU LOUP)
Il paraît que ce charmant animal n’a jamais présenté le moindre danger pour l’homme et ses troupeaux. Malheureusement, nos anciens l’ignoraient. D’où une chasse féroce qui faisait dire à l’abbé Seytre dans les années 1870 : « Bessataire ou louvetier, c’est tout un ». Le Creux du Loup, qui n’est plus un creux, entre la croix des Fosses et les Rochettes, rappelle les exploits de ces chasseurs.
Il s’est encore tué des loups dans la Loire au tout début du 20e siècle, et on en aperçut à proximité de Saint-Etienne en 1908.
Lire : « Quand les loups hantaient les forêts du Pilat », par Roger Bargeton, dans La Tribune – Le Progrès, du 10 août 1989 ; un n° spécial de Dan l’tan de 1991 ; Tout autour de Pilat, par l’abbé Seytre, 1874, et rééd. 1890, p. 143.
MACABEO
Aussi Maccabéo, Machabéo, Maccabio. Personnage pittoresque du début du 20e siècle, mort au Bessat en 1916. Après beaucoup d’ennuis familiaux, il s’établit sur les flancs de la Madone, dans une cabane de bric et de broc immortalisée par la carte postale. Il réparait fourneaux et casserolles, rempaillait les chaises, et se laissait volontiers photographier par les touristes en leur précisant : « Si chaque visiteur était un donateur, Macabéo serait à la hauteur ». Ses descendants avaient fait ériger son buste en 1991, maintenant disparu.
Lire : « L’Ermite de la Madone », par Charles Garriguet, texte de 1910 publié dans L’Almanach laïc de la Loire, 1936.
MADONE
On dit parfois « La Pyramide ». Sur ce mamelon de 1.240 m. d’altitude, une colonne en l’honneur du roi de Rome fut élevée en 1811 (un piédestal de six mètres surmonté d’une pyramide supportant une sphère, dont il ne reste pas de représentation). La foudre ( ?) la renversa en 1815. La Madone actuelle date du Second Empire : nouvelle pyramide en 1856, statue de la Vierge en 1862. Bien que cette histoire se re- trouve dans de nombreux villages, rappelons que la Madone de Taren- taise qui lui fait face, par son atti- tude, est censée dire : « Mon Dieu, que les Bessataires sont bêtes ! ». A quoi celle du Bessat, baissant les bras, répond : « Que voulez-vous que j’y fasse ! ». (gravure dans Recherches historiques… par P. Cros, 1898, p. 358)
MAI (chanter le)
A l’occasion du 1er mai, les jeunes des villages du Pilat allaient chanter la nuit dans la cour des fermes. En échange de l’aubade, on leur donnait des œufs. La tournée étant bien arrosée, on ignore l’état des œufs au matin. Certains tentent de maintenir cette tradition.
MAIRE
La liste des maires est donnée par Jean Combe, Histoire d’un village…, p.190 ; et par Roger Bargeton, Joseph Matricon…, p. 89. Lire : « Les Maires du Bessat » par G. Mathern et D. Tardy dans Le Bessat aujourd’hui de janvier 2021
MAISON COMMUNALE
Inaugurée en 1972. A rendu d’indispensables services : Foyer rural, Foyer de ski de fond, siège des sociétés locales, cinéma, gite rural, « point-rencontres », et enfin Mairie, Poste et Bibliothèque. Dans les années soixante-dix, théâtre des mémorables « choucroutes dansantes » du Bessat-Sports-d’Hiver.
MAISON DU GARDE
On dit aussi « Maison des gardes », ou « Cambuse ». Ancienne écurie, annexe à une maison plus grande et maintenant détruite (on aperçoit encore les fondations), utilisée pendant le captage des eaux du Grand-Bois par la ville de Saint-Etienne vers 1860.
Lire : article de Henri Colomb, dans La Tribune – Le Progrès du 8 sept. 1992.
MASSON (Auguste)
Dit « Dudu », 1920-1997. De la famille Masson de la Jasserie. Un des meilleurs skieurs de descente des années quarante, membre de l’Equipe de France. Maire du Bessat de 1962 à 1983, puis de 1989 à 1995.
MATRICON (Joseph)
Maire de la Valla-en-Gier à partir de 1806, oeuvra pour la création de la paroisse (1827), puis de la commune (1831) du Bessat, dont il devint maire jusqu’à sa mort en 1848.
Lire : Joseph Matricon…, par Roger Bargeton.
MONUMENT AUX MORTS
404 habitants au recensement de 1911, 21 morts à la Grande Guerre. Mais il faut attendre 1960 pour qu’un monument aux morts soit érigé à l’entrée du village. Des différents occasionnés par les noms des morts de 1939-45 amenèrent une crise en 1962, entrainant la dissolution du conseil municipal et de nouvelles élections. Le monument ne sera inauguré qu’en mai 1964.
MORT (Le)
Lieu-dit derrière la ferme Noir. Origine inconnue. Peut aussi bien dater de la bataille du Bessat que d’un crime oublié. Peut aussi s’écrire « Le Maure », surnom des gens à peau bronzée dans les campagnes d’autrefois.
MYRTILLES
Je n’ai ni la place, ni la compétence pour disserter sur les différences entre airelle et myrtille. Il y a longtemps qu’au Bessat, on se sert d’un peigne à airelles pour ramasser les myrtilles, afin de se régaler de tartes aux myrtilles ou de confiture d’airelles. Alors…
Avant-guerre, des ramasseurs montaient par le premier car, et redescendaient en ville des bouquets d’airelles (avec branches) qu’ils vendaient dans les rues. Lire : « Myrtille ou airelle », par Pierre Dumas et Hilaire Jamet, dans : Dan l’tan, n° 18, 1997, p. 53-55. Gravure André Achard
NOMS DE FAMILLES
On a prétendu que tous les Bessataires se nommaient Tardy. En fait, ce nom, très répandu dans la région, n’y était pas plus fréquent qu’ailleurs. Toutefois, il était pratique de distinguer les familles par des surnoms. Avant qu’ils ne se perdent, essayons d’en garder la trace. Je ne garantis pas l’orthographe (d’ailleurs un nom propre n’en n’a pas), et j’en oublie peut-être.
Claclo (du bruit des sabots ?) , Migaret, Lardon, Pantoire, Virout, Thiollière, Cla, Brelan, du Maire, Saint-Jeandaire, Malivert, Belet, Carpin.
Les linguistes ne sont pas d’accord sur l’origine du nom Tardy : le dernier né selon certains, une personne lente selon d’autres.
Par curiosité, relevons les familles du Bessat participant au partage des bois du Pilat en 1829, dans l’orthographe de l’époque : Arnaud, Ballot, Badard, Bertail, Bongrand, Celle, Coignet, Courbon, Chovet, Degraix, Dufour, Dorel, Dazod, Duculty, Dumas, Ferret, Furet, Fulchiron, Franson, Fara, Gourdon, Grivolla, Gentiat, Jacquemond, Morel, Miallier, Matricon, Maccabio, Mathoulin, Noir, Petit-Mathieu, Peyrache, Pichon, Séon, Sut, plusieurs Tardy avec surnoms, Verney, Vercasson, Veyre
PALAIS
Groupe de maisons, à la limite du Bessat et de Tarentaise. Dans les longues veillées d’autrefois, les anciens racontaient que François 1er, au retour des guerres d’Italie, était passé par chez nous et y avait planté sa tente, d’où le nom. D’autres, plus modestes, y voyaient le campement des seigneurs lors de la bataille du Bessat. En fait, on trouve ce nom bien avant, dès 1390. Comme toujours, les linguistes ne sont pas d’accord : lieu clos de pieux (pal) selon certains, palle = replat, selon d’autres
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PATOIS
Il y a encore trente ans, l’ « étranger » entrant dans un café du Bessat entendait parler patois : cela lui évitait de comprendre ce qui se disait. La joyeuse tablée de chez Pierre, où Zizet, Hugues, Maroc, Claudius, Montélimard, Brelan et les autres « applataient des canons » a emporté son patois avec elle. Ne restent qu’une étude et un dictionnaire par Camille Januel, dans le bulletin local « Les Quatre saisons » de mai 1996
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PETITE SUISSE
Sommet à un kilomètre au Nord du Chalet des Alpes. « Montrochin » sur les cartes, sans doute autrefois « Maurochi » (le mauvais rocher). Point de vue, de plus en plus bouché par la forêt, sur le versant Nord du Pilat. Baptisé « Petite Suisse » dans les années quarante.
PILAT
Le massif du Pilat forme l’extrémité Nord des monts du Vivarais (on le rattachait autrefois aux Cévennes). Parc naturel régional depuis 1974. L'origine du nom reste incertaine. La légende de Ponce-Pilate, qui s’y serait suicidé dans la source du Gier, est racontée à peu près de la même façon au Pilatus suisse.
POPULATION
Le Bessat fut victime de l’exode rural comme toutes les communes de montagne : 606 habitants en 1836 (la famille nombreuse était alors la norme et plusieurs fermes existaient sur le versant du Toile, encore peu boisé) ; encore 558 en 1881, mais seulement 404 en 1906, 288 en 1931, et 194 (le minimum) en 1962. Remonté à 251 en 1990, à 414 en 1999 et 446 en 2017.
PORTE DE FER
Grille d’un regard de l’aqueduc (voir Eaux) en haut de la route Balay
POSTES ET TELEPHONE
Le premier bureau de poste est ouvert au Bessat le 1er juillet 1905. Avant, nous étions desservis, comme la plupart des villages, par des facteurs à pied, parcourant souvent leurs trente kilomètres quotidiens.
La première cabine téléphonique publique est mise en service le 1er août 1906. Pendant longtemps, rares furent les particuliers à posséder cet équipement (surtout les hôteliers et commerçants). Jusqu’aux années 1970, avant la mise en service de l’automatique, on devait appeler une opératrice, et demander « passez moi le 1 au Bessat » pour obtenir le café du Centre.
Après un séjour à l’hôtel Pichon, la Poste a longtemps occupé un local obscur au fond de la cour à côté de l’épicerie (maintenant un immeuble moderne). Puis elle a remplacé l’école entre l’église et l’épicerie. Etablie à la Maison communale en 2010.
Lire : Article de M. Achard dans Le Bessat aujourd’hui, février 2019.
PRAVEILLES
Clairière sur le chemin des cimes, entre Bourdouze et les Trois-Croix. Jusqu’aux années quatre-vingt, un célèbre « arbre mort » servait de point de repère sur ce carrefour important de chemins et de pistes de ski.
PRE
En patois « pra », d’où « Pra-veilles », « Pra-veyra ».
Le « Pré du Curé », maintenant largement boisé, descend derrière l’église sur le versant du Toile. Au temps du ski de descente triomphant, vit les exploits des skieurs locaux. Gaston Chazot, propriétaire des cars desservant le village, y implanta deux téleskis fin 1958, utilisés jusqu’aux années soixante-dix.
(photo Roger Bargeton, s.d.)
PREND L'AIR
Autrefois feignant de la ville venant prendre l’air au Bessat et se reposer à l’époque où les paysans ont le plus de travail. Aujourd’hui, touriste du dimanche ou vacancier de l’été. Terme en voie de disparition
QUATRE TEMPS
Jours de l’année (voir l’Almanach du père Benoit) indiquant le temps qu’il fera les trois mois suivants. On peut y croire « dur comme fer » ou rester sceptique sans riquer sa vie
ROCHETTES (Les)
La Grande Rochette (1.316 m.) fait face à la Petite Rochette et constitue le point culminant du Grand-Bois. On y va par la croix des Fosses et le creux du Loup. On peut continuer jusqu’aux Loges de Lapras et à la Grotte Sarrazine. Beau panorama, là aussi de plus en plus mangé par la forêt, sur le versant Sud du Pilat.
ROT (Le)
Col sur la route de Saint-Chamond, à deux kilomètres de Chaubouret. Départ de promenades vers le Toile, le Saut du Gier, et début du Chemin de Fer. (Etym., : plusieurs explications : le roc, ou lieu en pente raide).
ROUTES ET TRANSPORTS
Le Bessat doit sans doute son existence à un passage important entre les vallées de la Loire et du Rhône. Les transports se faisaient alors à dos de mulets. Saint-Etienne exportait du charbon et des produits manufacturés, et importait fruits, légumes et vins. La route actuelle, dite de Saint-Etienne à Serrières, fut construite lentement dans les années 1830-1850. Elle était totalement achevée avant 1860. Elle permettait la descente sur Saint-Etienne du bois, de la glace l’hiver, et la fourniture rapide du lait. La route de Saint-Chamond par la Valla est aussi terminée au début des années 1850. Celles vers Bourg-Argental, tant par Graix que par Thélis, attendront quelques années de plus.
Le baron de Rochetaillée ouvrit en 1874 la route de la Jasserie. Mais il faudra attendre 1907 pour aller à l’Oeillon en voiture.
Les premiers omnibus (à chevaux) sont signalés par les Annuaires des années 1870 : « St-Etienne à Colombier par Rochetaillée, le Bessat et Graix : hiver, les dimanches à 5 h du matin ; l’été, dimanches et mercredis à 5 h du matin ». En 1906 : « voiture publique tous les jours ; départ place Dorian à 6h1/2 du matin, arrivée au Bessat entre 9h1/2 et 10 h ; départs du Bessat à 4h1/2 du soir, arrivée à St-Etienne à 6h1/2 ; prix aller 2 F, retour 1 F ; les jeudis et dimanches, voiture supplémentaire, départ à 5 h du matin, départ du Bessat à 5h1/2 du soir ; de St-Chamond, voiture les mercredis et dimanches ».
Les premiers autobus (à moteur) circulent régulièrement en 1921, conduits successivement par Seyve, Dupain et Clavel, Séverin Garampazzi, le père Pascal, et Henri Marcon.
(ci-dessous, annonces de 1878 et 1911)

ROUTES FORESTIERES
On trouve trois routes dans le Grand-Bois :
La route du Comte : (du comte Amelot, propriétaire de bois) va du Pont Sauvignet, sur la route de Tarentaise à la République, à la Digonnière, sur la Route Bleue.
La route Roy : bien que proche de la précédente, ne doit rien au roi de France. Elle célèbre Alfred Roy, inspecteur des Eaux et Forêts à St-Etienne dans les années trente. Partant de la route du Comte, elle finit au dessus de la Porte de Fer. Ouverte entre 1964 et 1966.
La route Balay : recoupant à peu près l’ancien chemin Balay, descend de la Porte de Fer sur la route du Comte. De M. Balay, propriétaire de bois.
La « route des crêtes » : a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les années cinquante. Préconisée par Claude Berthier pour relier les Trois-Croix à Chaubouret par les Rochettes, et la Jasserie à l’Oeillon, elle était combattue par les défenseurs de la nature sauvage. Chaque camp se succédait les dimanches au crêt de la Perdrix pour faire signer des pétitions aux « prend-l’air » de passage. Ouverte sommairement l’été 1962 sur initiative privée entre la Perdrix et Bote, elle se réduit maintenant à un sentier.
SAGNES
Clairières humides, parfois marécageuses. On trouve dans le village les chemins de la Sagne Blanc (ou du Blanc) et de Sagne Gotey (autrefois Sagne Gaultier). Sur le chemin des eaux,la Sagne du Moine rappelle les ermites qui fréquentaient le Grand-Bois au 19e siècle. Celui de Bourdouze avait promis que la foudre ne ferait jamais de victime au Bessat. Vers la route Balay, le lieu-dit du « Solitaire » se rattache à la même tradition.
SAPIN GEANT
Le « roi de la forêt » en dessous de la route du Comte. Sa hauteur est de 47 mètres.
SAPINETTES
Plantations entre la ferme Noir et la croix de Civet, au dessus de la route de Saint-Etienne. Nom surtout utilisé dans les années trente-cinquante par les villégiateurs qui allaient y passer l’après-midi. Nom local : le Plâtre
.
SARRAZINS (Les)
Sont signalés au 8e siècle dans la région lyonnaise, et jusqu’au 10e siècle en Provence. Même s’ils n’ont pu être partout, ils ont laissé leur souvenir dans les noms de lieux. Sur le Bessat, la « Sarrazinière », amas de rochers avec grotte au dessus du chemin des eaux. La légende y plaçait la sortie d’un souterrain venant du château du Toile, soit plus de deux kilomètres à vol d’oiseau. Au risque de décevoir les amateurs de merveilleux, rappelons quelques évidences : pourquoi nos anciens auraient-ils entrepris de tels travaux, avec quelles ressources, quelle main-d’œuvre, quel outils, comment se seraient-ils orientés sous terre, auraient-ils épuisé les infiltrations , aéré le tunnel, et enfin, où seraient les déblais (au minimum un cube de 10x10x10 mètres par kilomètre de galerie) ?
La « grotte Sarrazine », au delà des Rochettes, est sur la Versanne.
Lire : Un article de Gérard Mathern à paraître dans le Bulletin historique du Haut-Pilat de 2021.
SKI
La grande spécialité du Bessat, quand il y a de la neige. Premiers essais par des amis de Vélocio en 1892-93 ; première compétition au Bessat le 21 février 1909. Le club local, le Bessat-Sports-d’Hiver (B.S.H.), pépinière de champions de ski de fond, fut créé en 1947.
Lire : Histoire du ski et des sports d’hiver dans le massif du Pilat de 1892 à nos jours, par M. Achard, 1989 (éd. epuisée, rééd. augmentée uniquement en version numérique). « Vente de skis à St-Etienne par Vélocio en 1893 »
TAURIERE
La Grande Taurière est un sommet au Nord de la croix des Fosses, autrefois belvédère, maintenant noyé dans la forêt (Etym. ? inconnue).
TOILE
Sur le rocher du Toile, dans le vallon du Ban, aurait existé un château médiéval dont il ne reste rien. Ce versant, maintenant très boisé, était occupé par des fermes jusqu’à la dernière guerre. (Etym. ? : Toile, Toil, Theil, variétés du nom du tilleul).
Lire : « Le Château du Toile », par Gérard Mathern, dans ; Le Jarez d’hier et d’aujourd’hui, décembre 1990 et juin 1991 ; . « Le Château du Toil et ses possesseurs » par Gérard Mathern ; Bulletin historique du Haut-Pilat, n° 24, 2016, p. 82-103 : ill.
(gravure dans : Recherches historiques…, par Pierre Cros, 1898, planche 18)
TOURNON
Bois de Tournon : le crêt au dessus de l’ancien tremplin. Sans doute des seigneurs de Tournon qui possédaient, entre autres, le château du Toile.
TRAVARIE
Aussi la Travary. Sur les cartes, bois vers les sources du Furan. Quartier du village entre le Tremplin et la croix Blanche (Etym.? inconnue)
TRAVERSE
Nom local du vent d’Ouest. Désigne l’établissement de la Fédération des Œuvres Laïques à l’entrée du village. C’était autrefois la « Colonie » de la Croix-Rouge de Saint-Chamond, ouverte en 1919, et recevant chaque été les petits « colons » venus se refaire une santé. Les anciens se souviennent des feux de camp, et du défilé des colons vers la Madone, menés par des prêtres en soutane, avec les flambeaux dans la nuit, et la chanson « Cher Bessat-ha, cher Bessat-ha, nous t’aimerons toujours / Nous aimons ta vieille église / Son clocher aux pierre grises / Nous sommes heureux / Nous sommes heureux / Nous sommes heureux d’y prier le Bon Dieu ». Lire : Article de G. Mathern et D. Tardy dans Le Bessat aujourd’hui de janvier 2020.
TREMPLIN
Lieu-dit vers les sources du Furan, parfois dénommé « Bois des Pères » (la forêt appartenait aux Chartreux avant la Révolution), ou « les Buttes » (on y entreposait les arbres sortis de la forêt en une « gare de bois »). Aire de jeux de générations de villégiateurs. Plusieurs tremplins de saut à skis s’y succédèrent entre 1924 et la fin des années soixante (voir le détail dans l’Histoire du ski au Pilat).
TRISANDE
Même étymologie et même utilité que les traboules lyonnaises. Passages entre les rues du village. La trisande s’ouvrant en face de l’hôtel de France (« rue de Paris » par dérision) reste la seule typique. Les autres ont été goudronnées ou condamnées.
VACANCES
La proximité des villes a toujours fait du Bessat un lieu de vacances facilement accessible. Dès avant 1914, on trouve des Stéphanois ou Jaréziens déposant femme et enfants du 14 juillet au 15 août dans une ou deux pièces louées chez des particuliers, et venant les rejoindre le dimanche. Quelques rares familles avaient déjà une résidence secondaire au village.
Le matin était consacré aux tâches ménagères. L’après-midi, des groupes se formaient et partaient ramasser babets pour le fourneau, airelles et framboises pour les confitures, serpolet et « mélisse » (en fait une « menthe de montagne ») pour les tisanes de l’hiver. Les mamans portaient leur « pliant » pour tricoter et « piailler » à l’ombre des sapins ; les enfants édifiaient des barrages sur le Furan au Tremplin, sculptaient des écorces aux Sapinettes, ou jouaient au ballon à Chaubouret.

Les papas profitaient de leurs deux semaines de congés payés (trois à partir de 1956) pour jouer aux boules en « applatant des canons », sauf quand une période de pluie faisait pousser les champignons. Parfois, une troupe joyeuse et chantante montait dans la nuit étoilée jusqu’au crêt de la Perdrix où l’on attendait le lever du soleil autour d’un feu allumé dans un creux de chirat.
La kermesse paroissiale, un bal, plus rarement le passage du Tour de France, constituaient les grands événements de la saison. Bien sûr, les étés étaient toujours beaux et chauds en ces temps-là, au moins dans les souvenirs.
VENTS
Le Vent = le vent du Sud ; la Bise = le vent du Nord ; la Traverse = le vent d’Ouest (aussi l’Auvergnat) ; le Matinal = le vent d’Est. La Sibère (on dit aussi la Burle : il sibère, il burle) désigne le vent fort d’hiver qui charrie la neige et construit les congères. Dans les actes notariés, les termes « de vent » et « de bise » marquaient les limites Sud et Nord des terrains, « de matin » et « de soir » l’Est et l’Ouest.
ZOBI
Bois communal de Zobi, sur la crête de la « Goutte de la Gerbe » à l’Ouest du Rot. S’écrivait au 19e siècle « les Obis » ou « les Obits ». Peut-être un rapport avec l’obit religieux (fondation pour le repos d’un défunt).